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Arthur Rimbaud (1854-1891) est un poète symboliste qui a révolutionné l’écriture et la vision du monde par ses textes ambitieux et provocateurs. Le recueil a été publié par Paul Demeny à qui Rimbaud a remis son manuscrit, même s’il a voulu par la suite que ses poèmes soient brûlés. Il est composé de deux parties et de 22 poèmes, 15 dans la première partie et 7 dans la seconde. Le recueil a été écrit pendant la guerre de 1870.

Ce sonnet, écrit en alexandrins, est le 15e poème du recueil les Cahiers de Douai, il est le dernier du premier cahier. Il s’inscrit dans le contexte de la défaite française face à la Prusse à Sedan, le 1er septembre 1870. Napoléon III, fait prisonnier, est alors enfermé au château de Wilhelmshöhe. Rimbaud imagine le monarque déchu dans une scène de promenade solitaire.


Voir les caricatures de Napoléon III sur le site l’Histoire par l’image https://histoire-image.org/etudes/caricature-clandestine-napoleon-iii
Lire la « lettre du Voyant », document essentiel pour comprendre l’écriture novatrice de Rimbaud, ainsi que son projet poétique Texte entier sur ce site : https://fr.wikisource.org/wiki/Lettre_de_Rimbaud_%C3%A0_Paul_Demeny_-_15_mai_1871 reproduction d’un manuscrit à la BNF https://essentiels.bnf.fr/fr/image/0e1e2824-fa6e-4c45-83a2-eb781d63eec8-lettre-voyant
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/l-orgie-parisienne-ou-paris-se-repeuple-d-arthur-rimbaud-par-laurent-terzieff sur le site de l’INA, Laurent Terzieff lit l’Orgie parisienne de manière théâtralisée, le thème de cette lecture permet de comprendre le contexte
sur le site de l’INA des lectures de « Le Dormeur du val », poème à mettre en relation avec « Rages de Césars » https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/tele-poeme-le-dormeur-du-val-de-rimbaud

1
L’Homme pâle, le long des pelouses fleuries,
 
Chemine, en habit noir, et le cigare aux dents :
 
L’Homme pâle repense aux fleurs des Tuileries
 
– Et parfois son œil terne a des regards ardents…

5
Car l’Empereur est soûl de ses vingt ans d’orgie !
 
Il s’était dit : « Je vais souffler la Liberté
 
Bien délicatement, ainsi qu’une bougie ! »
 
La Liberté revit ! Il se sent éreinté !

9
Il est pris : – Oh ! quel nom sur ses lèvres muettes
 
Tressaille ? Quel regret implacable le mord ?
 
On ne le saura pas. L’Empereur a l’œil mort.

12
Il repense peut-être au Compère en lunettes…
 
– Et regarde filer de son cigare en feu,
 
Comme aux soirs de Saint-Cloud, un fin nuage bleu.


Arthur Rimbaud
Cahiers de Douai , in Premier Cahier « Rages de Césars »
1870